Définition
La variation dimensionnelle réversible ou partiellement réversible d'un élément de structure due à une variation de température ; dans le cas linéaire on l'exprime par ΔL = α·L·ΔT où α est le coefficient de dilatation thermique du matériau, L la longueur initiale et ΔT la variation de température ; des champs thermiques non uniformes, des transformations de phase, le fluage ou des comportements non linéaires modifient cette relation.
Principe
Principe
Une variation de température engendre des déformations proportionnelles au coefficient de dilatation thermique et à la variation de température ; si le mouvement est entravé, ces déformations thermiques se transforment en efforts et contraintes internes affectant la résistance, la stabilité et la tenue au service.
Démonstration
Démonstration
Scénario illustratif → Situation : Une poutre en acier continue de 12 m est encastrée aux appuis et subit une hausse uniforme de température de 30 °C. Reconnaissance : Calcul de la dilatation libre ΔL = α·L·ΔT (valeur illustrative α pour l'acier ≈ 12·10−6/°C). Action : Le concepteur prévoit des appuis coulissants ou des joints de dilatation. Conséquence : Si le mouvement est permis, les efforts thermiques sont limités à la friction d'appui ; sinon, un effort axial thermique apparaît, produisant des contraintes qui peuvent dépasser la capacité des liaisons ou provoquer le flambement.
Mauvaise application
Mauvaise application
Considérer la dilatation thermique comme négligeable pour tous les éléments ou confondre α avec la conductivité thermique. L'erreur sémantique est d'ignorer l'état de contrainte : présumer que la dilatation libre se produira alors que l'assemblage empêche le mouvement, ce qui sous‑estime les efforts induits.
Conséquence
Conséquence
La reconnaissance correcte conduit à prévoir des dispositifs de mouvement (joints, appuis coulissants) et à calculer les efforts thermiques ; l'erreur conduit à des efforts axiaux, des fissures, du flambement, des ruptures de connexions ou une perte de serviceabilité et une fatigue accélérée aux concentrations de contrainte.
Inversion
Inversion
Pour des températures élevées entraînant plasticité, fluage ou transformations de phase, la relation linéaire ΔL = α·L·ΔT cesse d'être applicable ; des gradients thermiques transitoires entraînent des déformations de torsion et des profils de contrainte qui dominent le comportement plutôt que la dilatation uniforme.
Limite
Limite
Clairement inclus : éléments homogènes en comportement élastique linéaire soumis à une variation de température approximativement uniforme où α est pertinent. Cas limite : sections composées ou assemblages avec coefficients α différents (l'expansion différentielle génère des contraintes internes et éventuellement des désassemblages). Clairement exclu : variation dimensionnelle due au gonflement hygroscopique, au retrait ou à la dégradation chimique non liée à une déformation thermique instantanée.
Tension sémantique
Tension sémantique
Accepter le mouvement (jeux, joints) contre maintenir la continuité structurelle (rigidité, alignement) : des tolérances serrées favorisent l'alignement mais augmentent les efforts de retenue ; laisser du jeu réduit les efforts mais peut nuire à la continuité et à la serviceabilité.
Synthèse
Synthèse
La dilatation thermique est une réponse cinématique prévisible à la température qui ne devient problématique que si la géométrie et les liaisons convertissent ce mouvement en efforts internes ; la conception efficace sépare le problème du déplacement (ΔL) du problème des contraintes (retenue) et traite chacun par des détails adéquats.