Définition
Théorie des poutres qui étend Euler–Bernoulli en intégrant la déformation par cisaillement transverse et l'inertie de rotation des sections, représentant les contributions de flexion et de cisaillement aux flèches et à la réponse dynamique ; pour des poutres linéaires isotropes elle introduit un terme de raideur au cisaillement (généralement k G A) en plus de la raideur en flexion EI et admet un champ de déformation de cisaillement non singulier à travers la section.

Principe

Principe
Le déplacement transverse total est la somme d'une composante de courbure par flexion (contrôlée par EI) et d'une composante de déplacement par cisaillement indépendante (contrôlée par la raideur de cisaillement k G A) ; pour des poutres courtes, profondes, stratifiées ou à faible module de cisaillement, le terme de cisaillement (et éventuellement l'inertie de rotation) augmente sensiblement la flèche et modifie les fréquences propres par rapport à Euler–Bernoulli.

Démonstration

Démonstration
Scénario illustratif → Un porte‑à‑faux profond de longueur modérée soumis à une charge P en bout : la théorie de Timoshenko sépare la flèche en composantes de flexion et de cisaillement de sorte que w_total = w_flexion + w_cisaillement, avec w_cisaillement proportionnel à P/(k G A) ; pour des valeurs réalistes de G et k, la composante de cisaillement rend w_total sensiblement plus grande que la prédiction d'Euler–Bernoulli.

Mauvaise application

Mauvaise application
Employer les formules de Timoshenko avec un facteur de correction de cisaillement k incorrect, mal estimer l'aire de cisaillement A, ou les appliquer à une poutre suffisamment élancée pour que les effets de cisaillement soient négligeables peut conduire à une complexité inutile ou à de faibles différences numériques ; l'erreur est de ne pas évaluer si le cisaillement et l'inertie de rotation influencent matériellement les résultats avant d'adopter un modèle plus complexe.

Conséquence

Conséquence
Lorsque la déformation par cisaillement ou l'inertie de rotation est pertinente, Timoshenko fournit des prédictions statiques et dynamiques plus précises qu'Euler–Bernoulli ; elle exige des paramètres matériels supplémentaires (module de cisaillement G, facteur de correction de cisaillement k, inertie de rotation) et un traitement plus attentif des conditions aux limites, et peut modifier les décisions de dimensionnement et de réponse dynamique.

Inversion

Inversion
Dans la limite des poutres élancées (grand rapport portée/profondeur et forte raideur au cisaillement), les prédictions de Timoshenko convergent vers celles d'Euler–Bernoulli et les contributions de cisaillement s'annulent ; inversement, pour des sections fortement anisotropes, stratifiées ou minces où la distribution du cisaillement transverse est non uniforme, des corrections supplémentaires (gauchissement, distribution affinée du cisaillement, théories d'ordre supérieur) peuvent être nécessaires au‑delà des hypothèses classiques de Timoshenko.

Limite

Limite
Clairement inclus : poutres prismatiques courtes, profondes ou à faible raideur au cisaillement où les déformations de cisaillement et l'inertie de rotation influent sur la flèche statique ou la dynamique. Cas limite : poutres de profondeur moyenne où Timoshenko et Euler–Bernoulli donnent des résultats similaires mais légèrement différents ; le choix dépend de la précision requise. Clairement exclu : problèmes dominés par la torsion, le flambement local de plaque, ou nécessitant une analyse tridimensionnelle complète ou des modèles anisotropes avancés.

Tension sémantique

Tension sémantique
Complexité contre fidélité : Timoshenko accroît la fidélité du modèle pour problèmes sensibles au cisaillement au prix de paramètres et d'une complexité accrue ; les ingénieurs doivent peser l'amélioration de la précision par rapport à l'effort nécessaire de caractérisation et de modélisation.

Synthèse

Synthèse
La théorie de Timoshenko généralise la cinématique des poutres en admettant les contributions du cisaillement et de l'inertie de rotation, ce qui en fait le modèle linéaire préféré quand ces effets influent sur la statique ou la dynamique ; dans la limite élancée elle se réduit à Euler–Bernoulli.