Définition
Système couplé non linéaire d’équations aux dérivées partielles décrivant le comportement en grandes déformations des plaques minces élastiques sous l’approximation géométrique de von Kármán : la déflexion transverse w(x,y) est couplée à une fonction de contrainte d’Airy φ(x,y) de sorte que les contraintes membranaires interfèrent avec la flexion. La formulation suppose de petites déformations, rotations modérées, cinématique de plaque mince (hypothèse de Kirchhoff) et comportement élastique, entraînant une non‑linéarité cubique en w et φ.
Principe
Principe
La non‑linéarité géométrique due à des rotations modérées couple les contraintes membranaires in‑plane à la flexion transverse : la déflexion transverse modifie la métrique in‑plane, générant des contraintes membranaires qui modifient la rigidité à la flexion et l’équilibre, produisant des équilibres multiples et un comportement non linéaire charge‑déflexion même pour un matériau élastique.
Démonstration
Démonstration
Scénario illustratif : plaque circulaire clouée au pourtour soumise à une charge centrale croissante. Reconnaissance : la déflexion augmente jusqu’à l’apparition de l’action membranaire. Action : résoudre numériquement les équations de von Kármán pour capturer l’effet de rigidification dû à la tension in‑plane et les trajectoires post‑flambement possibles. Conséquence : la courbe charge‑déflexion s’écarte de la théorie linéaire et peut présenter points limites ou bifurcations absents des modèles linéaires.
Mauvaise application
Mauvaise application
Employer les équations de von Kármán hors de leurs limites cinématiques (p. ex. rotations/déformations très grandes, écrouissage/plasticité, ou pour des plaques épaisses où la déformation par cisaillement est importante) ou remplacer la théorie par la théorie linéaire de Kirchhoff lorsque l’action membranaire est significative conduit à des erreurs qualitatives et quantitatives.
Conséquence
Conséquence
Fournissent le modèle minimal non linéaire de plaque qui saisit l’interaction membrane‑flexion : servent à prédire pré‑ et post‑flambement, rigidification ou assouplissement sous charge, et charges limites pour plaques minces élastiques ; une mauvaise utilisation conduit à des prédictions de stabilité et de résistance peu fiables.
Inversion
Inversion
Si les déformations ne sont plus petites, le matériau entre en écrouissage, ou l’épaisseur n’est pas négligeable par rapport aux autres dimensions, l’approximation de von Kármán est invalide et il faut recourir à des théories de coques/plaque entièrement non linéaires, à la plasticité ou à l’élasticité tridimensionnelle ; pour des problèmes dynamiques, des termes d’inertie s’ajoutent sans modifier les hypothèses géométriques de base.
Limite
Limite
S’applique aux plaques minces et élastiques de petites déformations et rotations modérées avec cinématique de Kirchhoff (pas de cisaillement transverse), et lois constitutives isotropes ou peu complexes ; exclut les plaques épaisses, la plasticité de grandes déformations et les situations nécessitant un traitement 3‑D du continuum ou des théories de cisaillement d’ordre supérieur.
Tension sémantique
Tension sémantique
Tractabilité du modèle versus exhaustivité physique : les équations de von Kármán offrent un compromis entre complexité gérable et non‑linéarité géométrique essentielle, mais peuvent induire en erreur si des effets physiques négligés (cisaillement, plasticité, grandes déformations) sont déterminants.
Synthèse
Synthèse
Les équations de von Kármán rendent compte du couplage géométrique fondamental qui transforme la flexion en un problème non linéaire affecté par l’action membranaire : elles constituent le modèle canonique intermédiaire entre la théorie linéaire des plaques et l’élasticité tridimensionnelle non linéaire pour les grandes déformations de plaques minces.