Définition
Équation différentielle donnant la condition nécessaire pour que la fonctionnelle S[q]=∫ L(q, q̇, t) dt soit stationnaire sous des variations lisses de la coordonnée généralisée q avec points finals fixés ; pour un Lagrangien L(q,q̇,t) différentiable en q et q̇ la condition s'écrit d/dt(∂L/∂q̇) − ∂L/∂q = 0, fournissant les équations du mouvement pour systèmes mécaniques de dimension finie et les équations de champ analogues pour champs.

Principe

Principe
La condition de stationnarité de l'action implique que les trajectoires admissibles annulent la première variation de l'action ; cette identité variationnelle est équivalente à l'annulation de l'opérateur d'Euler–Lagrange et transforme un problème variationnel en un système d'équations différentielles ordinaires ou partielles qui déterminent la dynamique.

Démonstration

Démonstration
Scénario illustratif — Système à un degré de liberté : Situation : Une particule de masse m évolue dans un potentiel V(q) sur l'intervalle de temps [t0, tf], avec L(q, q̇) = ½ m q̇² − V(q). Reconnaissance : Le Lagrangien est différentiable en q et q̇ et l'on considère des variations admissibles δq(t) qui sont lisses et s'annulent aux points finals : δq(t0) = δq(tf) = 0. Sous ces hypothèses, la dérivation variationnelle standard avec points finals fixes s'applique. Action : Calculer la variation première de l'action S[q] = ∫_{t0}^{tf} L(q,q̇) dt. Par intégration par parties et en utilisant δq(t0)=δq(tf)=0 on obtient la condition d/dt(∂L/∂q̇) − ∂L/∂q = 0. Pour le Lagrangien donné, cela conduit à m q̈ + ∂V/∂q = 0, soit m q̈ = −∂V/∂q. Il s'agit d'une équation différentielle ordinaire d'ordre deux. Si l'on impose en plus les valeurs aux points finals q(t0)=q0 et q(tf)=qf, la résolution consiste en un problème aux limites (boundary‑value problem) dont l'existence et l'unicité dépendent de V et de l'intervalle. La dérivation variationnelle elle‑même ne suppose ni n'impose des conditions initiales ; imposer des conditions initiales q(t0) et q̇(t0) relève d'un problème distinct (initial‑value problem) : la même EDO gouverne la dynamique, mais la sélection d'une solution unique à partir de données initiales n'est pas obtenue par des variations à points finals fixes et doit être traitée séparément. Conséquence : Toute trajectoire lisse qui satisfait l'EDO et les conditions aux points finals prescrites est une candidate stationnaire de l'action. Si les hypothèses de différentiabilité ou les conditions sur les variations admissibles ne sont pas respectées, la conclusion variationnelle et l'usage de l'équation d'Euler–Lagrange ne sont pas garantis et peuvent conduire à des solutions non pertinentes pour le problème variationnel initial.

Mauvaise application

Mauvaise application
Appliquer l'équation d'Euler–Lagrange lorsque l'action n'est pas différentiable, que les points finals varient, ou en présence de contraintes non holonomes sans introduire les multiplicateurs adéquats ; l'erreur sémantique consiste à la considérer universellement valide sans vérifier les conditions de différentiabilité et de variation admissible, ce qui entraîne des équations incorrectes ou incomplètes.

Conséquence

Conséquence
Correctement appliquée, l'équation produit les équations différentielles dont les solutions sont des trajectoires stationnaires candidates ; ces équations déterminent l'évolution temporelle sous données initiales ou aux limites. En cas d'application incorrecte, on peut omettre des forces de contrainte, violer des relations de conservation liées aux symétries, ou obtenir des solutions non stationnaires.

Inversion

Inversion
Si la fonctionnelle dépend de dérivées supérieures, d'intégrandes non différentiables, ou si les variations admises incluent les points finals, la forme standard change : apparaissent des termes aux bords, des équations d'Euler–Lagrange d'ordre supérieur, ou des termes multiplicateurs supplémentaires. En présence de contraintes non holonomes dépendant des vitesses, il faut employer des formalismes variationnels contraints ou des multiplicateurs généralisés.

Limite

Limite
Clairement Dans : Système mécanique de dimension finie avec L lisse et variations à points finals fixes. Cas Limite : Théories de champ où la même calcul variationnel s'applique mais les espaces fonctionnels, conditions aux limites et solutions distributionnelles exigent des précautions d'analyse fonctionnelle. Clairement Hors : Problèmes sans principe d'action (modèles empiriques non dérivables d'une fonctionnelle) ou optimisations sans intégrandes différentiables.

Tension sémantique

Tension sémantique
Formulation variationnelle (Lagrangienne) versus formulation par bilans locaux (Newton/Hamilton) : l'approche d'Euler–Lagrange met l'accent sur la stationnarité globale de l'action et l'invariance de coordonnées, tandis que les méthodes de forces locales traitent directement les forces non variationnelles ou la dissipation.

Synthèse

Synthèse
L'équation d'Euler–Lagrange est le pont opérationnel entre la stationnarité d'une fonctionnelle d'action et des équations différentielles explicites du mouvement : elle rend le principe variationnel testable et résoluble, mais sa validité exige différentiabilité, traitement correct des contraintes et des termes aux limites.