Définition
Relation analytique estimant la portée R en croisière d'un appareil à réaction en régime de croisière quasi‑stable : R = (V/c)·(L/D)·ln(Wi/Wf), où V est la vitesse de croisière, c la consommation spécifique de propulsion (flux massique de carburant par unité de poussée ou puissance selon la formulation), L/D le rapport portance/traînée et Wi/Wf le rapport masse initiale/masse finale. L'équation suppose V, L/D et c approximativement constants et néglige décollage, montée, descente et réserves.

Principe

Principe
La portée croît linéairement avec l'efficacité aérodynamique (L/D) et la vitesse de croisière et logarithmiquement avec le rapport de masses ; réduire c ou améliorer L/D augmente la portée de façon multiplicative, tandis qu'ajouter du carburant présente des rendements décroissants car R dépend de ln(Wi/Wf).

Démonstration

Démonstration
Situation : Avion à réaction en croisière stable avec V, c et L/D connus et masses initiale/finale. Reconnaissance : Hypothèses de croisière approximativement satisfaites. Action : Calculer R = (V/c)(L/D)ln(Wi/Wf). Conséquence : Le résultat montre l'effet des variations de L/D, c ou fraction carburant sur la distance de croisière pour la planification et la conception (hors phases non‑croisière).

Mauvaise application

Mauvaise application
Appliquer l'équation à segments de vol où L/D, c ou V varient fortement (montée, vol en attente, descente) ou l'utiliser telle quelle pour propulsion électrique ou fusées. L'erreur est de traiter la formule comme universelle au lieu d'une approximation idéale pour la croisière et d'omettre les variations de masse et performance hors croisière.

Conséquence

Conséquence
Breguet oriente les compromis de conception et d'exploitation : améliorer L/D ou réduire c est plus efficace que simplement emporter plus de carburant ; il explique l'accent sur l'aérodynamique et l'efficience moteur pour étendre la portée. Une mauvaise utilisation peut conduire à des estimations erronées de carburant et de faisabilité de mission.

Inversion

Inversion
Si L/D, c ou V varient sensiblement pendant la mission (ex. longue phase de stationnement), ou pour avions à hélice dont les termes de propulsion diffèrent, l'expression doit être modifiée. Pour des propulsions où la masse utile n'augmente pas avec la consommation (batteries électriques) ou pour fusées, d'autres relations sont nécessaires.

Limite

Limite
Clairement dans : Croisière stable d'appareils à réaction où L/D, c et V sont approximativement constants sur le tronçon de croisière. Cas limite : Missions avec variations modérées nécessitant une intégration segmentée de Breguet. Clairement hors : Décollage/montée/descente, loiter avec variations de puissance, avions électriques sans décroissance de masse, et vols de fusées régis par Tsiolkovski.

Tension sémantique

Tension sémantique
Compromis entre embarquer plus de carburant (augmente Wi/Wf mais pénalise structure/performances) et améliorer L/D ou l'efficience moteur (plus efficace mais coûteux) ; optimiser la croisière pour la portée peut entrer en conflit avec d'autres objectifs (charge utile, temps, réserves).

Synthèse

Synthèse
Breguet met en évidence l'interaction entre efficience aérodynamique, efficience propulsive et le coût exponentiel associé à la vitesse/carburant : la portée augmente linéairement avec L/D et inversement avec c mais seulement logarithmiquement avec la fraction carburant, expliquant la priorité donnée à L/D et c plutôt qu'à l'augmentation de carburant.