Définition
Une forme localisée de corrosion électrochimique qui produit de petites cavités, souvent profondes (piqûres), sur une surface métallique après rupture locale d’un film passif protecteur ou par aération différentielle, entraînant une perte de métal concentrée en sites restreints plutôt qu’une corrosion uniforme.

Principe

Principe
La dépassivation locale ou une hétérogénéité (inclusions, crépines, anions agressifs) crée un site anodique où la dissolution métallique s’auto‑accélère par une chimie locale (acidification, accumulation d’ions métalliques) et une diffusion limitée, provoquant une croissance de la piqûre beaucoup plus rapide à l’échelle locale que le taux de corrosion générale environnant.

Démonstration

Démonstration
Scénario illustratif → Composant en acier inoxydable dans un électrolyte stagnant contenant des chlorures : Situation : une zone de soudure renferme une inclusion et une petite fente où l’accès à l’oxygène est limité. Reconnaissance : une tache localisée apparaît et après exposition une petite piqûre profonde est observée. Action : la propagation de la piqûre se poursuit par acidification locale et dissolution métallique, sauf si des inhibiteurs interviennent ou la surface est modifiée ; interventions d’ingénierie : inspection ciblée, remplacement du matériau, élimination des crépines par conception ou utilisation d’inhibiteurs. Conséquence : les piqûres réduisent la section résistante, servent d’amorces pour fissures de fatigue et peuvent provoquer des perforations ou fuites soudaines malgré un faible taux moyen de corrosion mesuré.

Mauvaise application

Mauvaise application
Supposer qu’un faible taux global de corrosion élimine le risque de piqûres ; l’erreur consiste à confondre des mesures de corrosion moyennes avec la susceptibilité localisée — des matériaux peu sujets à la corrosion uniforme peuvent néanmoins présenter une forte sensibilité au piquage dans des conditions locales particulières.

Conséquence

Conséquence
Le piquage peut provoquer des réductions critiques de section, amorcer des fissures par fatigue, créer des voies d’étanchéité défaillantes dans des composants sous pression et entraîner des ruptures soudaines difficiles à détecter car les piqûres occupent une petite surface mais concentrent l’endommagement ; la détection et l’évaluation nécessitent souvent des inspections ciblées.

Inversion

Inversion
Certains alliages, traitements de surface, une protection cathodique adéquate ou le maintien d’environnements qui stabilisent le film passif (écoulement oxygéné, absence d’anions agressifs) peuvent empêcher l’initiation et la croissance des piqûres ; dans des géométries de fente le mécanisme se rapproche de la corrosion en crevasse, davantage gouvernée par la géométrie et la diffusion restreinte que par une simple hétérogénéité de surface.

Limite

Limite
Clairement dans : cavités localisées formées par dissolution anodique après rupture locale du film passif. Cas limite : corrosion en crevasse, localisée mais fortement dépendante de la géométrie et chevauchant les mécanismes du piquage. Claire hors : corrosion générale uniforme où la perte de métal est approximativement homogène sur la surface exposée.

Tension sémantique

Tension sémantique
Le choix d’alliages ou de revêtements résistants au piquage (souvent plus coûteux) entre en concurrence avec le coût, la fabricabilité et d’autres exigences de propriété (mécaniques, thermiques) ; l’allocation des ressources d’inspection met en balance l’effort de détection précoce frente au risque en service.

Synthèse

Synthèse
Le piquage est un mode de défaillance gouverné par l’instabilité électrochimique locale plutôt que par le taux moyen de corrosion ; le contrôle ingénierique exige maîtrise du micro‑environnement, de la géométrie et de la stabilité du film passif, ainsi que des stratégies d’inspection ciblées sur défauts de petite surface.